cronaca familiare

17 août 2016

Bernard Malamud : "Le meilleur"

Le meilleur par Malamud

 

Bernard Malamud passe pour être un des meilleurs écrivains américains du siècle dernier, il fait parti de « l’école juive » de la littérature américaine au même titre que Saul Below et Philip Roth, inutile de dire que j’apprécie énormément ces romanciers.

De lui, j’ai lu l’homme de Kiev, son roman le plus célèbre et son tout premier the natural, « le meilleur » en français, publié en 1952, traduit pour la 1ère fois en 2015 qui n’est peut être pas aussi remarquable que the fixer (l’homme de Kiev) mais reste néanmoins un très grand livre

Le héros de ce roman, Roy Hobbs,18 ans est un jeune prodige du baseball, il se rend à Chicago en train en compagnie de son agent pour signer son 1er contrat pro, son rêve est interrompu par une déséquilibrée qui lui tire dessus.

On le retrouve 15 ans plus tard, il fait un essai chez les Knights de New York et malgré les doutes que Pop Fisher, le manager de l’équipe, a à son égard, il est contraint de faire confiance à Roy suite au décès en plein match de Bump la star de l’équipe.

Il devient une vedette, pulvérise tous les records, les fans l’adorent, la presse ne parle que de lui. Roy finit par tomber amoureux de Mémo, l’ancienne compagne de Bump, et là la machine commence à s’enrayer, on ne peut se soustraire de son passé et les rêves contiennent toujours leur part d’ombre.

Roman très bien écrit, on peut le considérer comme une fable, celui qui parti de très loin devient un héros, un symbole de l’Américan Dream où tous le monde peut réussir en se donnant les moyens mais à quel prix ? Roy est un bon gars qui ne souhaite que prendre une revanche sur la malchance qui l’a privée de devenir une star, le baseball est toute sa vie. Il déploie sa carcasse de géant sur tous les terrains donnant tout ce qu’il a en lui pour accomplir le rêve d’une vie.

Se goinfrant comme un chancre, mangeant 6 hamburgers puis 3 choucroutes, 3 tartes puis enchainant avec 3 hamburgers, on est dans une approche gargantuesque du roman, l’influence de Rabelais se fait sentir renforçant l’aspect fabulesque de ce livre. On retrouve aussi certains éléments propres au roman noir, le propriétaire de l’équipe, personnage véreux, dont l’intérêt n’est pas sportif mais financier, la femme fatale, le bookmaker sans scrupule, on se croirait presque chez  Dashiell Hammett.

 Roy est resté un grand enfant crédule, insouciant, il sera broyé comme tous ceux qui croient encore à des idéaux pétries d’humanité, il peut être moi, vous, n’importe quel inconnu croisé dans la rue qui ne souhaite qu’une chose, réaliser ses rêves. Une femme peut elle le sauver ou la désillusion prendra t-elle le dessus ? La dernière phrase du roman donne un semblant de réponse.

J’ai adoré le personnage de Roy, un brave gars un peu naïf qui a une vision romanesque du sport et doit face à la corruption qui le gangrène, l’aspect fabulesque de cette histoire et aussi comme d’habitude, ceux qui me connaissent le savent, le plaisir de lire un roman américain qui privilégie le fond sur la forme contrairement à certains écrivains français, je ne cite personne.

Pour ceux que ce roman est susceptible d’intéresser, il ressort en poche en septembre aux éditions le point, the fixer est déjà disponible dans cette collection, un autre roman sera édité en grand format en septembre également, « le commis », un autre chef d’œuvre parait il ? L’éditeur rééditera donc toute son œuvre, d’abord en grand format puis en poche et c’est une très bonne nouvelle pour tous les admirateurs de la grande littérature américaine. Il a été également adapté au cinéma en 1984 par Barry Levinson avec Robert Redford dans le rôle de Roy et a été nominé 4 fois aux oscars, on ne peut pas dire que j'apprécie énormément ce réalisateur, hormis son film "Rain Man" et encore, j'essaierai de le visionner quand j'aurai le temps.

 

 

 

 

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05 août 2016

hello hello hello

3 retours spectaculaires, mon adolescence est de retour

Pete Astor: Really Something (2016) - unofficial music video

Bill Pritchard – Mont St. Michel (official)

John Cunningham - "Frozen In Time" (From the 2016 album Fell)

3 albums exceptionnels qui seront chroniqués sur ce blog bientôt

 

 

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voila l'été, voilà l'été, ohé

Voilà l’été, enfin, à ce qu’il parait, oui, enfin presque……

Je m’occupe, donc je lis, j’écoute des disques, regardent et accessoirement je mange….., le reste, c’est ma vie privée,  donc  elle ne regarde que moi.

Donc  je lis, oui, beaucoup, environ 1 livre semaine et des découvertes marquantes, mais qui évoquent plus l'hiver que l'été

En 1er lieux, Louis Guilloux, le sang noir, son roman de 1935, et là je le tiens pour le plus grand roman français du XX iéme siècle, devant tous les autres, Proust, Céline, Camus et compagnie. Ce livre singulier conte l’histoire d’un professeur de philosophie François Merlin surnommé Cripure (jeux de mot sur le philosophe Kant « critique de la raison pure ») lors d’une journée de 1917 qui va s’avérée dramatique pour lui. Cripure vit avec Maïa, une dame du peuple, inculte et vulgaire (ce n’est pas une critique de ma part.. attention) mais ne pense qu’a Toinette son ancienne femme, sans doute morte, son mariage a été un échec et il subit les humiliations et les moqueries de tous.

Cet ouvrage est une véritable bombe, une critique cinglante de l’hypocrisie, la bêtise, un véritable pamphlet contre la 1ère guerre et le patriotisme béat. L’auteur n’hésite pas à dénoncer les tueries inutiles, l’envoi au massacre de toute une génération par des généraux qu’il compare à des criminels et mets à bas les images d’Epinal où l’on voit ces soldats partir au combat la fleur au fusil, souriants et fiers de se battre pour la patrie (voir la scène de la gare) mais Cripure lui n’est plus un homme révolté, il est pitoyable, moqué de tous de ses concitoyens, collègues, élèves, il a abandonné la lutte, vit dans le passé et va courir au drame en voulant sauvegarder son honneur.

Donc, on a plus affaire à un roman métaphysique, comme le définissait Emmanuel Kant (d’où le surnom de Cripure, enfin je le pense) qui considérait que "le jugement est le lieu de la vérité et que la recherche de la vérité culmine dans le jugement", certes l'auteur décrit la vie d'une petite ville de province en 1917, les soubresauts de la révolution russe, les desertions dans l'armée française mais il met surtout en évidence que Cripure ne fait que juger son époque sauf qu’il ne se bat plus mais un sursaut d’honneur va se réveiller chez lui comme en chacun d'entre nous, il ne fait que sommeiller dans notre ame mais en bien ou en mal, il s'assoupit mais chacun est maitre de son choix et la dignité importe plus que tout. C'est l'homme qui l' intéresse et comment il ressent son environnement, en fin de compte, le sang noir est le plus grand roman "dostoïevskien" français.

Ce qui est étonnant également dans ce roman est sa construction, un mélange de monologue intérieur et de récit à proprement parlé qui le rapproche de certaines œuvres de Faulkner et de céline, à qui on a souvent comparé Louis Guilloux, sauf que lui était communiste, il a quitté le parti aprés un séjour avec Gide dans l' Union Soviétique de Staline, un homme de raison, pas de doute la dessous.

Pour finir, à sa parution, le roman était accompagné d’une bande citant, « la vérité de cette vie, ce n’est pas qu’on meurt, mais qu’on meurt volé » et c’est malheureusement vrai.

Les prochains posts porteront sur trois autres grands moments de lectures que furent les romans suivants :

- Le bruit et la fureur de William Faulkner (USA )

- Le meilleur de Bernard Malamud (USA )

- La plaisanterie de Milan Kundera (Tchécoslovaquie à l'époque )

Et comme c'est l'été, un peu de pop sautillante

THE YELLOW BALLOON- "YELLOW BALLOON" (W/ LYRICS)

The Monochrome Set - Jet Set Junta (Official Video 1983)

Papas Fritas - I'll Be Gone (2000)

Pas de compagnie créole, désolé maman

 

 

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20 juin 2016

Mieux vaut tard que jamais

Je me suis finalement reconcilié avec la littérature française. Tout d'abord, j'ai pratiquement terminé le sang noir de Louis Guilloux, j'en parlerai lors d'un prochain post, je peux déjà dire qu'il s'agit d'un véritable "capolavoro", un choc, un des 10 livres du XX ième siècle, Cripure rejoint dans mon imaginaire le lieutenant Drogo, Bardamu, un anti héros comme je les aime.

Mieux vaut tard que jamais en effet, je viens enfin de lire mon 1er Balzac !!!! il faut dire que j'ai toujours eu un problème avec la littérature française, qu'elle soit classique ou contemporaine, trop nombriliste, faisant le choix de privilégier la forme sur le fond et surtout étant dans sa grande majorité trop axé sur un monde non conforme à la réalité, en gros comme nos politiques, elle oublie trop facilement les classes populaires et la réalité de la vie quotidienne. Bon, il faut dire que je n'ai pris aucun risque, j'ai lu le père Goriot et j'ai adoré, un grand livre, une peinture réaliste de la vie parisienne lors de la restauration à travers le drame d'un père aimant ses filles à en mourir et souhaitant leur réussite sociale avant tout quitte à tout perdre. Balzac décrit également toutes les couches sociales de la capitale, des plus démunis aux classes aisées, démontrant que la révolution de 1789 n'a fait que rajouter la selection naturelle du plus fort au rang (noblesse), les nouveaux arrivistes, la nouvelle bourgeoisie représentée notamment par les banquiers et surtout cette hypocrisie représentée par les époux des 2 filles du père Goriot et des pensionnaires de la maison Vauquer. Les jeunes loups, prêt à tout pour réussir, qu'ils soient issus de la capitale comme De Trailles ou de provinces comme De Rastignac, en gros, c'est une peinture réaliste de la sociéte et on se rend compte que rien n'a changé, ce roman aurait pû bien avoir comme scéne notre monde contemporain. Des 2 filles de Goriot, la cadette, Delphine me paraît la plus monstrueuse, bien que l'autre Anastasie ne vaut pas mieux, son désir de soutirer l'argent de son père me l'a rendue insupportable. Inutile de vous dire que ce roman fait parti de la Comédie Humaine et que l'on retrouvera les personnages par la suite, Goriot lui était dés le début hors jeu.

Voilà, j'ai adoré comme Mme Bovary ou le rouge et le noir, maintenant, lirai je le reste ? Je ne sais pas, je repars pour l'instant à ma chère littérature américaine, "Le meilleur" de Malamud m'attend.

 

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19 juin 2016

Duke Pearson

Ce titre, after the rain, est une véritable petite merveille. Duke Pearson, pianiste, est un véritable virtuose qui n'a rien à envier à Bill Evans, Keith Jarrett, Herbie Hancock etc etc..

Ce titre, tout en apesanteur, de facture classique, l'influence de Satie, Debussy est manifeste, quand james Spaulding pose sa flute au milieu du morceau, on s'envole, on est ailleurs et on se demande comment un tel styliste peut être aussi méconnu.

DUKE PEARSON, After The Rain

Vous voulez l'album où se trouve ce morceau, sweet honey bee, il vous reste le LP original, une réédition vinyle récente ou le cd japonais que je possède. Musicien oublié,  un début de réponse afin d'expliquer ce malentendu, Duke (au nom prédisposé) cessa sa carrière en 1970, victime d'une sclérose en plaque qui l'emporta en 1980, je ne vois pas d'autre raison pour qu'un tel musicien et compositeur soit à ce point ignoré.

Reste ce morceau, emprunt d'une mélancolie réveuse, je vous le fait découvrir.

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17 juin 2016

Souriez maintenant

On va finir par s'en rendre compte je suis un immense fan de Todd Rundgren et là vue l'ambiance morose qui règne, ce temps de merde rien de mieux que de sourire un peu, all smile donc par Utopia, ce groupe est un des nombreux projets de ce génie. Todd c'est les beatles+ bowie+pink floyd+ laure nyro+ Zappa etc etc... un véritable chaméléon.

Ce morceau est tiré de Déface the music, un pastiche des beatles, si on veut....

Utopia-All Smiles

je n'échangerai pas l'oeuvre des beatles avec celle de Todd

Allez, jetez y une oreille

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14 juin 2016

Hello

Un petit tour dans l'actualité, la mienne du moins, quoi de neuf, on commence par les bonnes nouvelles

le 1er juillet, réédition en édition deluxe remastérisée du 1er album des anglais d'it's immaterial sorti en 1986 "life's hard and then you die

vous vous souvenez d'eux ? si non, je vous raffraichis la mémoire avec ce morceau qui fut un mini tube un peu partout.. sauf chez nous, nous étions plus occupés avec au hasard, Patricia Kaas, patrick bruel, la crème de la crème, bon j'ironise...

It's Immaterial - Driving Away From Home (UK Version)

Alors, cela vous dit quelque chose ? j'adore ce groupe, leurs 2 premiers albums sont indispensables, une pop à l'anglaise teintée de synthétique et d'instruments plus traditionnels, accordéon, harmonica et quelques arrangements de cordes mais toujours cette mélancolie pluvieuse, ce spleen trés anglais, surtout dans leur sublime 2ième album Song, déjà réédité il y a quelques années.. A conseiller aux fans des Blue Nile, Talk Talk 2ième période et de Mark Hollis leur leader, sans oublier bien sur le grand David Sylvian.

Un petit rappel, pour ceux qui sont passés à coté et malheureusement ils sont nombreux chez nous, Gillian Welch fait bien partie des plus grandes  du folk américain, son album de 2001 "time (the revelator) est le meilleur album sortie par une dame depuis le 1er album de Suzanne Véga en 1985, que le temps passe vite, Gillian le dit trés bien dans le morceau éponyme de cet album, assurément un des 5 meilleurs albums de ces 25 dernières années. A noter que tous les morceaux sont co écrits avec le guitariste Dave Rawlings, un grand musicien, son jeu me rappelle Richard Thompson, ce qui est tout à son avantage

Allez hop, écouter ce "the revelator", je l'ai réécouté ce week end et ce morceau est sublime comme tout l'album d'ailleurs, rien à jeter

Gillian Welch - Time (The Revelator)

J'adore, comme la photo en noir et blanc au dos de la pochette du disque qui me rappelle la superbe photographie du superbe film peter bogdanovich the last picture show, ceux qui connaissent me comprendront. Ce disque respire cette mélancolie trés américaine, le middle west profond, cet ennuie, bien décrit dans le long morceau qui clôt cet album, I dream a highway, cette envie très américaine de partir sur les routes, comme les clochards célestes de Kérouac ou comme Joni Mitchell sur son chef d'oeuvre Héjira pour rester en compagnie de grandes dames. J'adore ces disques qui se terminent par un long morceau, 15 minutes ici, Dylan l'a fait sur Blonde on blonde ou sur highway 61, Phil Ochs aussi pour rester dans les influences revendiquées par Gillian.

Gillian Welch - I Dream A Highway

Le seul défaut de Gillian, elle est très paresseuse, 5 albums en 20 ans mais bon je préfère ce rythme de sortie plutôt que faire comme Neil Young, un album par an et à moitié raté voire pire et c'est un fan du loner qui le dit.

Autre chose, j'en parlerai lors d'un prochain post car je ne l'ai pas encore terminé, mon rythme de lecture s'est réduit avec mes soucis de santé actuel, je dévore un roman superbe, exceptionnel et qui va rejoindre mon top 5 français et top 10 du XX ième siècle, le sang noir de Louis Guilloux, comment un tel roman a t-il pu rejoindre les limbes de l'oublie, on est au même niveau que le meilleur de Céline, d'ailleurs son style "parlé, vociférant" me rappelle beaucoup son contemporain "voyage au bout de la nuit", personnage aussi detestable que génial, un facho notoire peu fréquentable et lache pour couronner le tout, Drieu de la Rochelle, un autre grand romancier, a eu au mois le courage de se suicider et d'aller au bout de ses idées, ce qui ne justifie pas bien entendu d'avoir été une ordure, bien que pour ce dernier les avis divergent, on le rapproche plus du mouvement des Hussards, lisez Gilles et vous vous forgerez une opinion. Il faudrait que j'en fasse un post d'ailleurs, peut on lire des romans de ceux qui ont acceptés l'inaceptable ? et qui sont par ailleurs de grands écrivains, je pense notamment à Brasillach, Lucien Rebatet (les 2 étendards est un chef d'oeuvre mais le gars une véritable m......).

Sinon le sang noir est le récit de la journée d'un professeur de philosophie qui ne va pas de main morte, véritable réquisitoire contre la bétise humaine, la boucherie du 1er conflit mondial, rarement un auteur aura été aussi critique sur cette guerre qu'il jugea inutile et dire que ce roman date de 1935. Mais attention, c'est très très très sombre, j'en parlerai un peu plus lorsque je l'aurai terminé.

Voilà, la suite au prochain épisode

Antonello

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05 avril 2016

Le mystère Bellow

la-planete-de-mrsammler

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le mystère Bellow, oui, comment expliquer qu'un écrivain aussi prolifique, adulé, nominé (prix nobel 1976, 2 national book award et 2 prix Pulitzer... jolie palmares) et qui surtout a influencé une pléthore d'auteurs et non des moindres, à tout hasard, Philip Roth, Franzen etc etc.. soit si méconnu en France ? A vrai dire, ses romans n'étaient plus édités chez nous depuis des lustres, Gallimard a décidé de rééditer une partie de son oeuvre en poche ou dans sa collection quarto, et c'est une bonne nouvelle car je les cherchais depuis longtemps et là nous avons droit à ses 4 principales oeuvres, 4 classiques de la littérature américaine, et j'ai commencé au hasard par "la planète de Mr Sammler" édité en 1969 et là, je ressors ébloui par la découverte de cet auteur et je comprends pourquoi Roth le considère comme un très grand écrivain car toute son oeuvre trouve là sa matrice.

La note du dos de la pochette de l'édition Folio donne un indice sur ce qui nous attend "Notre espèce est elle folle ?, les preuves n'en manquent pas". qui est ce curieux monsieur qui se fend de cette diatribe envers les individus, concitoyens qui l'entourent ? D'ailleurs, le terme "espèce" en dit long, l'homme est un animal doué de raison, Mr Sammler lui en doute et comment !

Rescapé de l'holocauste avec beaucoup de chance, vous savez la technique de ces monstres, on les laisse creuser leur propre tombe, on les jette dedans et on les abat un par un, lui s'en ai sorti miraculeusement en faisant le mort, son épouse n'a pas survécu dans ce même trou de la honte. Sa fille, Shula, hebergée dans un couvent echappa également à la mort.

Aprés avoir vécu à Londres, il débarque à New York, son neveu Elya, médecin, malade et qui a le même âge que lui subvient a ses besoins, Arthur Sammler, lui, vit chez sa nièce Margotte veuve dans un appartement rempli de fleurs en tout genre, plutôt que chez sa fille dont son appartement ressemble à un bric à brac d'Emmaus, elle ramasse tout les objets qu'elles trouvent, fouillent les poubelles ; ça va, vous me suivez, l'arbre généalogique de cette famille est assez confus.

Arthur essaie de comprendre le monde qui l'entoure, critique l'hédonisme ambiant basé sur le consumérisme. Et les péripéties s'enchainent et on rit et en même temps on compatit pour ce petit bonhomme qui ne comprend pas cette "espèce" qui ne va nulle part et paradoxalement on le trouve aussi agaçant, égocentrique à sa façon et surtout intolérant mais de mon coté je l'adore et surtout il justifie en fin de roman son comportement, trés longuement d'abord puis avec une phrase simple, que je vous laisserai découvrir car j'espère vous inciter tous, cher lecteurs, si on me lit bien entendu, à découvrir ce monsieur étonnant et bien lucide.

Du pickpocket qu'il surprend dans le bus et qui le suit et qui en guise de sanction lui montre son sexe, des idées loufoques de sa fille et de Wallace fils d'Elya qui cherche désespérément l'argent caché de son père et qui monte des projets tous absurdes les uns que les autres, on se croirait chez Woody Allen.  Arthur étudie et vénère H G Wells, pense que le seul moyen de se sauver de ce monde de cinglés et d'aller sur la lune afin d'y habiter et lui aussi vit avec ses remords, regrets, car lui aussi fait parti de cette espèce.

On suit avec beaucoup de tendresse les pérégrinations de ces personnages uniques dans leur genre, la quête d'Arthur, cet intellectuel qui constate que le chemin que suit cette socièté de la fin des années 60 ne semble pas apporté un avenir radieux mais plutôt le chaos moral et plus de souffrances. Avec le recul, on ne peut s'empecher de faire des comparaisons avec notre monde et constater que rien ne change, rien ne bouge, ce roman d'apprentissage d'un vieil homme et aussi un peu le mien, le votre, en conclusion nous sommes ou devrons tous être des "Arthur" en puissance.

Inutile de vous dire que je vais continuer d'explorer l'oeuvre pléthorique du monsieur décédé en 2005, il me reste du chemin, à commencer par "les aventures d'Augie March", "Herzog", "le don d'humbold" que je posséde déjà et par la suite trouver ce qui est trouvable en neuf ou en occasion car je vient de découvrir un grand monsieur de la littérature américaine et mondiale

Antonello

 

 

 

 

 

 

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Je suis toujours là

 

Todd Rundgren, un maitre, fan de toujours, j'ai tous ses disques avec une préférence pour "Runt the ballad of Todd Rundgren", le complétement givré "a wizard, a true star" et bien entendu son white album à lui "Something anything",double album de 1972, disque génial, éclectique et parfait,  dont j'ai tiré ce Hello it's me, un petit clin d'oeil, simplement que je suis toujours là, et puis tous le monde connait ce morceau, non ? enfin une pub TV ?

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28 mars 2016

Cronaca Familiare, traduit mot à mot de l'italien, signifie "chronique familiale" mais les cinéphiles ou tout simplement les admirateurs du cinéma italien savent qu'il s'agit du titre d'un film magnifique, une de mes oeuvres fétiches d'un grand réalisateur injustement méconnu, Valério Zurlini, distribué en France sous le nom de journal intime.

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Ce "journal intime" sorti en 1962 raconte le destin de 2 fréres, Enrico (marcello Mastroianni ) l'ainé devenu journaliste et  Lorenzo (Jacques Perrin ) le cadet, séparés aprés la mort de leur mère. Enrico apprends dés le début du film la mort de son frére. Ce chef d'oeuvre, tiré du roman autobiographique de Vasco pratolini édité en 1947 est d'une insondable tristesse, on découvre le parcours de 2 frères qui n'avaient aucun liens hormis familiaux, leur séparation et enfance respective et leur rencontre où ils apprendront à se connaître. Drame de la solitude, de l'acharnement du destin sur un être faible, j'ai redécouvert ce film, il y a environ 10 ans lors de sa ressortie en salle en version restaurée, nous sommes tous sortis lessivés, en larmes  tellement ce film est bouleversant. J'ai acheté le DVD italien, étant quasiment bilingue de par mes origines, l'émotion reste intacte aprés l'avoir revu. D'ailleurs, entre parenthèse, on attends toujours une édition française, en dvd et blu ray, éditeurs, vous savez ce qu'ils vous restent à faire, sortez le de l'oubli, son absence, tout comme les géniaux Nashville d'Altman et Ace in the hole de Billy Wilder, est indécente et une insulte faite au cinéma de qualité. Voilà c'est dit ! nous sommes le pays de la cinéphilie non ?

Marcello Mastroianni est énome et démontre une fois de plus qu'il est un des plus grands sinon le plus grand, il sait tout faire, rire, pleurer, les 2 à la fois, vous le rencontrerez de nouveau au fil de ce blog, je ne ferais pas l'injure de citer toutes ses prestations, au hasard pour les petits jeunots, la dolce vita ou 8 et demi de Fellini, divorce à l'italienne de Germi etc etc.........

Valério Zurlini, tourna peu, on trouve désormais 3 de ses fils en DVD, bonne nouvelle, le plus connu demeure la fille à la valise avec encore Jacques Perrin et la sublime Claudia Cardinale, son adaptation du desert des tartares de Dino Buzzati et été violent avec Jean Louis Trintignant. Malade, depressif chronique, il se suicida en 1982.

Donc, comme d'habitude, je parle beaucoup, pourquoi ce blog, justement pour parler beaucoup de ce que j'aime. mes passions, le cinéma américain, italien, français, asiatique...., la musique, pop, folk et jazz surtout, la littérature, américaine, italienne et japonaise......., la française m'attire moins à part quelques exceptions, mes coups de colères, et ils sont malheureusement nombreux actuellement, mes questionnements, doutes, en gros je suis humain alors ne faites pas attention aux éventuelles fautes d'orthographes.

Pour finir la présentation, cette citation d'Etty Hillesum, jeune femme déportée et morte à Auschwitz en 1943 et là, vous me connaitrez mieux et vous comprendrez mon besoin actuel d'écrire :

"La plupart des gens ont une vision conventionnelle de la vie,.... il faut avoir le courage de se détacher de tout, de toutes normes......., il faut oser faire le grand bond dans le cosmos : alors la vie devient infiniment riche, elle déborde de dons, même au fond de la détresse".... tout est dit, Etty nous a quittée à 29 ans, victime de la barbarie nazie, elle donne une profonde leçon d'humanité et de vie.

Arthur

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